King Crimson à Augusta Raurica

King Crimson © Augusta Raurica

King Crimson The Beast à Augusta Raurica sur proposition du Z7 : aucun superlatif ne va !

Pochette de l'album In-the-court-of-the-crimson-king
Pochette de l’album de King Crimson 1969 In-the-court-of-the-crimson-king

Difficile de m’imaginer pouvoir écouter un jour un concert de King Crimson , qui plus est dans le superbe théâtre romain d’Augusta Raurica ,  50  ans après la sortie du cultissime In the Court of the Crimson King qui a valu au groupe de s’imposer en première partie des Rolling Stones fin 1969 à Hyde Park , concert hommage à Brian Jones. On fait pire comme entrée en matière ! A l’époque , les platines – oui , les trucs sur lesquels on faisait tourner des disques que les moins de 50 ans viennent de redécouvrir pour cause de retour modeux-  chargeaient Genesis , Pink Floyd , Magma , Zappa, Yes… Donc , on revient de loin , c’est sur , et on y retourne volontiers  avec le Roi écarlate et ses virtuoses . A en voir la bigarrure du public d’Augst ce soir-là , un demi-siècle de création , ça vous marque plusieurs générations ,pas de doute . King Crimson est toujours là, et toujours mené par son fondateur, le placide et extraordinaire guitariste et compositeur anglais Robert Fripp, ( 74 ans ) seul membre originel encore présent aujourd’hui , placé à l’arrière-plan , derrière ses comparses . 

 The Beast  a donc choisi parmi les 50 dates prévues en 2019  de s’arrêter à notre porte . La chance ! Pourtant , on a bien failli louper les élégants britaniques en costume trois pièces pour cause de tracasseries administratives sans fin liées au Brexit . Ouf !  Le groupe , qui s’est beaucoup renouvelé au cours de sa longue carrière , est bien  connu pour son gout de la fusion sonore sautant allègrement et avec une fluidité déconcertante d’un genre musical à l’autre : jazz, heavy metal, rock psychédélique, folk, mais aussi électro et new wave , tout y est , une vraie leçon d’histoire de la musique contemporaine. La guigne ! Interdit de photographier , de filmer , d’enregistrer sous peine de renvoi vite fait hors des lieux . C’était inscrit en gros caractères , à droite , à gauche et au centre pour ceux qui ont la vue basse . Raison : les gars assument une superstition amerindienne selon laquelle photographier quelqu’un revient à lui voler son âme . Bon . Sauf que , lors du dernier morceau des King Crimson que je n’ai pas entendu pour cause de départ prématuré – vandalisation de mon scooter privé de rétroviseurs – , le bassiste Tony Levin a lancé le déchainement des smartphones en photographiant lui-même le public. Tout cela s’entend au conditionnel d’après le journaliste de la BAZ qui lui est resté jusqu’au bout, le veinard!

Le trilogue polyrythmique des batteurs Mastelotto, Harrison, Stacey : unique!

Digression et dissonnance , en toute complicité harmonique,  les musiciens se répondent parfaitement comme des gamins qui balanceraient des pierres dans l’eau pour la beauté des ricochets : un sacré défi pour les 3 percussionnistes placés au-devant de la scène – pas vraiment banal -, le choix de Robert Fripp depuis 2014 , alors pas tout à fait comblé par les deux batteries déja en place , principe instrumental alors opté par Genesis  .  Pat Mastelotto fait partie du groupe  depuis 1994 ; il a également souvent collaboré avec Cock Robin . Gavin Harrison arrivé en  2007 est le spécialiste de la polyrythmie – il a créé 4 méthodes de batterie- et du rock progressif  ;   Jeremy Stacey , avec son chapeau melon a un petit air du Malcolm Mc Dowell d’Orange Mécanique . Il n’est arrivé qu’en 2016  dans le groupe, et a joué en qualité de Sideman avec de nombreux groupes comme Sheryl Crow, Joe Cocker , Charlotte Gainsbourg, Steve Hackett…

Sa Majesté King Crimson inventeur d’un rock progressif envoutant , psychedelique , voire tribal.

King Crimson fondateur du genre Rock progressif a aussi le sens de la mélodie comme plusieurs de ses comparses , ACDC , Scorpions , ZZTop…qui connaissent le truc pour déchirer le coeur du public après l’avoir sauvagement électrisé sur des riffs de guitare metaleuses version rock dur . Il n’y a pas que les batteurs chez King Crimson , il y aussi le fantastique saxophoniste qui sert de métronome au groupe . Mel Collins, parti puis revenu ( 1970-1972, depuis 2013 ) comme Tony Levin  et Jakko Jakszyk , est aussi une pointure . Il a joué avec les plus grands : Alan Parsons, Eric Clapton ou Dire Straits , la liste est interminable . Au sein de King Crimson dans les années 70, il est revenu en 2013. Sur la scène du théâtre d’Augusta Raurica , il n’a pas hésité  à souffler fort discrètement quelques notes d’Happy Birthday . Le chanteur Jakko Jakszyk réinterprète fidèlement les mélodies mythiques du défunt Greg Lake (qui avait quitté le groupe dès 1970 pour créer le trio ELP), et joue sur une guitare à l’effigie de la pochette du premier album, In the Court of the Crimson King , sans doute l’une des plus célèbres de l’histoire du rock. C’est d’ailleurs cet album qui prédomine dans la setlist. Le bassiste Tony Levin est aussi parti puis revenu ( 1981 à 1999 revenu en 2003) .Tony Levin est une figure du groupe , à la basse plus classique ou la contrebasse électrique (solo impressionnant sur Moonchild), il   joue aussi cette  guitare  sensationnelle sans caisse de résonnance au son unique  : le Chapman Stick . 

Deux ou trois choses à propos  de l’album mythique In the Court of the Crimson King

L’auteur de l’illustration est Barry Godber . Elle représente le visage effrayé de l’homme schizophrène du 21e siècle dont il est question dans le premier titre de l’album, 21st Century Schizoid Man. Barry Godber décèdera en février de l’année suivante d’une crise cardiaque à l’âge de 24 ans. Il ne saura jamais que la pochette de In the Court of the Crimson King deviendra l’une des plus célèbres de l’histoire du rock tous genres confondus. La peinture de Barry Godber évoque à cet égard le célèbre tableau du peintre norvégien Edvard Munch, Le Cri. L’origine du nom du groupe qui signifie « roi cramoisi » est incertaine. Toutefois , Outre-Manche, cette expression serait l’équivalent de Belzébuth, le prince des démons. Autre possibilité : les alchimistes avaient pour but de trouver la pierre philosophale, substance censée apporter  l’immortalité. Lorsqu’elle est parfaite, la pierre philosophale est d’un rouge vif et elle est souvent symbolisé sous les traits d’un roi. Dans la série de romans appeléeLa Tour sombre, l’un des personnages de la saga de Stephen King s’appelle « Le Roi Cramoisi » en hommage à la musique du groupe de Robert Fripp. Autre hommage , celui de Pete Townshend, le guitariste des Who, avait parlé de « chef-d’oeuvre surnaturel ».

INOUBLIABLE !

Prochains concerts  du Z7 à Augusta Raurica : 

Nick Mason 5 juillet 2019 COMPLET

Orishas Cuba 6 juillet 2019

Beth Hart 7 juillet 2019 COMPLET

[DISPLAY_ULTIMATE_SOCIAL_ICONS]
Bouton back to top