Annabelle Peintre danseuse au Ballet de Bâle

jeudi 14 décembre 2017 par Veronique Bidinger

Annabelle Peintre Photo VBAnnabelle Peintre ©VB

Rencontre avec ANNABELLE PEINTRE , interprète d’Odette/Odile pour Le Lac des Cygnes sous la direction de Sitjn Celis 

Le « Lac des Cygnes » du chorégraphe belge Stijn Celis est représenté au Théâtre de Bâle jusqu’en mars 2018.

Formation : Conservatoire de Danse d’Avignon

Compagnies : Compania Nacional de Danza, Ballet Basel, Opéra de Lyon

Chorégraphes : Kylian, Forsythe, Ek, Duato, Naharin, Inger, De Keermaeker, Marin, Bigonzetti, Prejlokaj, Li, Bruce, Fabre, Montero, Beer, Celis, Ouramdane, Wherlock

A Bâle dans les pièces suivantes : Peer Gynt/ Ingrid – Schwanensee/ Odette Odile– Schechter/Arias.

Entretien:

VB : Bonjour Annabelle, nous t’avions déjà vue à Bâle pour les représentations de « Peer Gynt » ce printemps, le ballet du chorégraphe suédois Johan Inger ; tu y interprétais  Ingrid, déjà aux côtés de Frank Fannar Pedersen. 

Quand as-tu intégré le Ballet de Bâle et la compagnie de Richard Wherlock ?

AP :  J’ai quitté Avignon à 20 ans pour aller danser à Madrid, au sein de la Compania Nacional de Danza II , ce fut ma première expérience en tant que danseuse professionnelle.

En 2008, je suis arrivée à Bâle pour la première fois et j’y suis restée 5 ans. J’ai ensuite décidé de rejoindre l’Opéra de Lyon en 2013. La France, ma famille me manquait. C’était une très belle aventure mais je me suis rendu compte que ma vie était à Bâle au sein de la compagnie de Richard Wherlock. Je me sens vraiment privilégié de pouvoir faire de nouveau partie du Ballett Basel depuis la saison dernière.

VB : Comment le choix de Stijn Celis s’est porté sur toi ?

AP : c’était vraiment une belle surprise.  Stijn est venu assister à une répétition de la pièce de Bryan Arias et une représentation de « Peer Gynt ». Il a décidé à me donner le rôle d’Odette/Odile aux côtés de Frank (Fannar Petersen nda) qui joue le prince Siegfried.

VB : A propos de « Schwanensee », ce double rôle d’Odette/Odile est-il une sorte de consécration pour la jeune danseuse que tu  aies déjà dansé pour de nombreux et réputés chorégraphes ? 

AP :  Tout dépend de la définition que l’on se fait de ce mot mais je n’utiliserai pas le mot « consécration », Bien évidemment, c’est un grand honneur et une immense reconnaissance pour tout danseur de pouvoir être choisi et d’interpréter un rôle principal. Qu’un chorégraphe voit en vous quelque chose qui l’inspire est aussi une chance. Je ne pensais pas être un jour à cette place mais je me sentais déjà privilégié d’avoir pu travailler avec autant de chorégraphes différents. Ce qui est sûr, je me sens un peu plus enrichie par cette nouvelle expérience, j’ai beaucoup appris en tant que danseuse mais aussi en tant que personne.

VB : Le chorégraphe semble avoir valorisé essentiellement l’ambivalence des personnages et du thème : le cygne noir/ blanc; le Prince doux et soumis / le sorcier diabolique ; Odette /Odile/ toi-même jeune et angélique ; est-ce cela la motivation du ballet de Stijn ?

AP : effectivement ce ballet « Le Lac des Cygnes » est réputé pour le rôle d’Odette/Odile et ses deux différentes personnalités. L’interprétation du danseur y est d’autant plus intéressante.

Que t’a apporté ce rôle ?

En tant que danseuse, plus que l’aspect technique, c’est l’interprétation que j’ai essayé de travailler, surtout dans le personnage d’Odette, pour qu’il soit le plus naturel possible. Il faut réussir à toucher les gens malgré la distance qui nous sépare, c’était donc un équilibre à trouver entre exagérer suffisamment pour amener le public dans l’histoire, sans en faire trop. En tant que personne, il s’agit de savoir gérer la pression, la responsabilité, ses insécurités. Mais aussi apprendre à dépasser ses propres limites dans le processus de transmission du chorégraphe. Etant à cette position pour la première fois, il était intéressant de voir tout ce que cela comporte. J’ai beaucoup appris de cette expérience.

VB : Comment t’es-tu préparée ? As-tu revu les versions originelles du Lac des cygnes pour t’ imprégner  de ce double rôle ?

AP : J’ai regardé les versions classiques du Lac des Cygnes mais il était important pour moi de garder une certaine liberté dans mon interprétation. Je ne voulais pas copier. Nous avons également travaillé sur la base de la version de 2006 de Stijn Celis donnée à Bern.

VB : Quelle part de liberté ou d’improvisation le chorégraphe a-t-il laissé à ton interprétation ?

AP : Les chorégraphes repèrent chez les danseurs les traits de personnalité qui peuvent être intéressant pour interpréter leurs créations et cela représente pour nous une occasion de découvrir de nouvelles ressources dans notre jeu. Certains chorégraphes et Stijn particulièrement, a su me guider dans ce processus sans imposer des images figées. Stijn a toujours été positif et chaleureux, c’est à la fois rassurant et encourageant.

VB : La version de Stijn est plutôt éloignée du drame, on rit souvent ; est-ce que tu as ressenti cette légèreté ?

AP : Oui, Stijn a un certain humour. Tout est présenté de manière caricaturale,  les maquillages sont forcés ; celui de la mère (Ayako), de Rotbarth (Jorge) par exemple. Les coiffures exagérées ; les prétendantes du prince et les ministres ont des parties de leurs silhouettes accentuées par les costumes.

VB : le Lac des Cygnes sera représenté une vingtaine de fois à Bâle. Comment fais-tu pour ne pas laisser la lassitude t’ envahir ?

AP :non , je n’ai pas ce genre de problème . Il y existe des petites variations à chaque représentation (sensations, sentiments, humeur, corps). Il y a des hauts et des bas mais je fais ce que je voulais faire et c’est une immense chance qui ne laisse pas de place à l’ennui ! D’autre art , je pense que la musique de Tchaïkowski  est très inspirante et  nous aide aussi à nous investir dans notre rôle.

VB : tu as 34 ans, envisages-tu déjà une reconversion ?

AP : J’aime l’idée de découvrir de nouveaux univers. Je viens de terminer une formation de décoration d’intérieur. J’apprécie tous les Arts mais j’imagine que cela vient aussi de mes parents avec qui j’ai beaucoup voyagés. De Melun où je suis née à l’Afrique et la Martinique … avant de revenir en France où j’ai débuté la danse à l’âge de 4 ans.

VB : merci Annabelle et joyeuses fêtes.

Prochaines représentations du Lac des Cygnes : 16/20/26 décembre 2017 ; 11/17/20 janvier 2018; 3 février 2018

Voir l’article Bâle en Français

THEATRE DE BALE 

Schwanensee Photo Werner TschanSchwanensee Sitjn Celis Basel 2017 ©Werner Tschan

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