Anouar Brahem était au Musical Theater de Bâle

Anouar Brahem Festival de Jazz Bâle 2018©VB

Le roi de l’Oud , Anouar  Brahem s’entoure de virtuoses à la hauteur : la scène new-yorkaise s’orientalise

ANOUAR BRAHEM Jazzfestival Bâle 2018 ©VB
ANOUAR BRAHEM Jazzfestival Bâle 2018 ©VB

Anouar Brahem  ( oud ),  Django Bates (piano) , Dave Holland (bass) , Jack de Johnette (drums) . Il fallait bien un quatuor de virtuoses pour inaugurer la soirée d’ouverture du Jazz Festival de Bâle 2018 ; Anouar Brahem avait réalisé un rêve très spécial en été 17 lorsqu’il est entré en studio avec trois des meilleurs musiciens et stylistes de New-York et a enregistré un nouveau CD pour le label ECM.

Les notes ondulantes , hypnotisantes parfois de l’oud ( luth traditionnel oriental millénaire , sorte de guitare  à caisse rebondie ) , portent souvent  à la mélancolie , presque au recueillement tant elles  évoquent  un univers onirique nostalgique porté par de douces  mélopées envoutantes . D’autres fois , l’oud de Brahem prend ses aises à l’unisson des instruments qui l’accompagnent , la contrebasse de Dave Holand, la batterie de de Johnette et le piano de Django Bates ( le cadet de la bande ) et les notes s’envolent librement sur des rythmes plus rapides qui laissent dans l’ombre pour un temps ce que l’on reconnaît de la musique traditionnelle arabe pour redonner la primeur au jazz. Le concert de ce soir est une alternance réussie entre différents styles musicaux parfaitement maitrisés par Anouar Brahem considéré de fait comme  l’instrumentiste et le compositeur le plus innovant de ces dernières années.

Anouar Brahem : dialogue entre l’Est et l’Ouest

Né au cœur de la vieille ville de Tunis, le joueur d’oud tunisien a d’abord approfondi la musique arabe classique avant d’entrer en contact avec Maurice Béjart, entre autres, à Paris au début des années 1980. Lorsque Brahem a écrit la musique de l’album “The Astounding Eyes of Rita”, il s’est concentré sur l’univers mélodique et en même temps sur les instruments produisant des sons sombres.

Etant donné qu’il aime aussi la nature ouverte des musiciens européens à l’improvisation, Manfred Eicher, sous le label ECM duquel il produit divers CD depuis plus de 20 ans, l’a aidé à nouer les contacts nécessaires. Avec le super bassiste new-yorkais Dave Holland (Miles Davis, Sam Rivers, Chick Corea, etc.) et le batteur de Keith Jarrett Jack DeJohnette, il a trouvé les musiciens de jazz nécessaires pour le dialogue entre l’Est et l’Ouest. L’alter ego de l’équilibre arabo-occidental s’est joint au groupe par la médiation d’un membre de la famille. Le claviériste et pianiste Django Bates complète le quatuor spécial.

Quatre grands stylistes, quatre musiciens innovateurs de haut niveau et quatre transfrontaliers qui n’ont cessé d’innover dans le domaine musical au cours des 25 dernières années. D’une part, il agit consciemment sur les antipodes de l’agitation contemporaine, d’autre part, l’image rythmique du quatuor, associée à un instinct infaillible pour les lignes de base mélodiques, crée une musique qui puise sa puissance de l’intérieur et, en l’écoutant, ressemble à une grande libération. Poésie méditerranéenne, sons orientaux et harmonies tunisiennes dans des rythmes complexes, saisissants et parfois étranges. Un must !

Le pianiste britannique Django Bates revient à ECM avec l’une de ses meilleures formations, le Trio Belovèd avec le bassiste suédois Petter Eldh et le batteur danois Peter Bruun et l’album The Study of Touch. Tous les trois sont des musiciens très individuels qui remettent subtilement en question les conventions du trio de piano jazz.

Le groupe a été formé il y a plus d’une décennie, lorsque Bates enseignait au Conservatoire de musique Rytmisk à Copenhague. Leurs œuvres communes comprennent des reconstitutions inspirées de pièces communément associées à Charlie Parker – une influence formatrice pour Bates et le bassiste Eldh – et sur ce nouvel album, la pièce de Parker “Passport” entre les compositions de Django – jouée dans une perspective contemporaine, pleine de respect et de joie. Certaines pièces de Django, comme “Senza Bitterness”, “Sadness All The Way Down” et “We Are Not Lost, We Are Simply Finding Our Way”, font partie du répertoire central du répertoire de Belovèd, où elles sont constamment transformées par les trois improvisateurs. Belovèd a développé sa propre sonorité parmi les trios avec piano. The Study of Touch a été produit en juin 2016 par Manfred Eicher au Rainbow Studio à Oslo.

Conseils pour CD
Belovèd “The Study of Touch” de Django Bates, EMC 2017

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