Fondation Fernet-Branca printemps 2018

Fondation Fernet-Branca Impermanence

La Fondation Fernet-Branca présente ses nouvelles expositions du 27 mai au 30 septembre 2018

 

VERNISSAGE 26 MAI 2018 – 17H – 3 EXPOSITIONS

Collection David H. Brolliet, 40 ans de passion !
L’impermanence – Léa Barbazanges, Céline Cléron, Marie Denis, Stéphane Guiran, Philippe Lepeut
Nature to Nature – David Nash

 « L’IMPERMANENCE » LEA BARBAZANGES, CELINE CLERON, MARIE DENIS, STEPHANE GUIRAN, PHILIPPE LEPEUT

Le concept d’impermanence désigne non seulement ce qui ne dure pas, mais aussi que tout est en perpétuel changement. Ce qui est impermanent peut donc prendre des formes différentes. Ce n’est pas la finalité, l’extinction, que l’impermanence évoque, mais bien un monde en mutation, en évolution dans le temps. Ce mouvement nous le retrouvons dans la nature, la flore, la faune et le minéral et le regard que nous posons sur le monde nous permet aussi d’appartenir à ce même élan.

Pour Marie Denis, « [sa] pratique se nourrit de toutes les stimulations, les impressions vives, irrationnelles et concrètes de la vie, qui sont pour [elle] comme l’huître fait sa perle : un accident qui produit un enchantement ».

Stephane Guiran explique : « ma représentation artistique de l’impermanence a cherché à exprimer cette perception d’une fragilité féconde. C’est ainsi que j’ai adopté la dimension organique du métal. Que j’ai épousé la force douce du cristal. Que je me suis plongé dans la poésie éphémère des reflets que révèle l’eau. »

L’impermanence chez Philippe Lepeut, tient dans le lien qu’entretiennent les éléments, les formes entre elles toujours en mutation de sens et de forme. C’est dans la référence à l’histoire de l’art, entre Albrecht Dürer et une pierre naturelle, dans la confrontation des éléments et des concepts, de la vision des spectateurs, que se construit l’impermanence des choses.

Le travail de Léa Barbazanges sur le végétal et l’animal est d’une telle immatérialité que l’artiste nous montre ce que la nature nous cache ou que nous ne savons pas voir dans un changement constant. Elle nous montre la beauté de cette transformation qui participe à notre enchantement et notre propre construction.

Céline Cléron quant à elle, nous parle de la mort comme d’un sujet passager pour une transformation ludique….

Pierre-Jean Sugier

LEA BARBAZANGES

Les sculptures et installations de Léa Barbazanges sont délicates, raffinées, presque flottantes. Le choix de la matière est au cœur de sa réflexion : des matériaux naturels, bruts, sont choisis pour leur beauté. La compréhension des propriétés des matériaux et leur capacité métamorphique, passionnent autant qu’elles représentent un défi pour l’artiste.

Léa Barbazanges met en espace des cristaux translucides, brillants, au graphisme étonnant. Ils sont constitués de minéraux envahissant des surfaces planes, comme de l’eau qui, à une certaine température, prend une forme cristalline. Le dessin est à la fois organique et géométrique, prédéterminé par sa nature cristalline, qui se caractérise par une matière ordonnée au niveau des atomes. C’est cette organisation de la matière qui explique la réflexion particulière de la lumière.

Dans le triptyque « Magnolia macrophylla – les masques – » on peut distinguer au sein de l’aluminium les nervures d’une feuille d’arbre grandeur nature dans ses moindres détails. C’est en collaboration avec H.H. Services et notamment avec Isaak Rensing, et ses outils de tôlier formeur que Léa Barbazanges a pu imprimer le graphisme du végétal dans du métal.

Dans ce travail à quatre mains l’émerveillement apparaît en se rapprochant, quand on découvre la délicatesse du dessin anthropomorphe. En effet les feuilles ont été perforées par des insectes de façon quasi symétrique. Sa forme est simple, fascinante, concrète.

Finalement, les œuvres de Léa Barbazanges nous montrent ce que la nature nous cache ou que nous ne savons pas voir dans un changement constant. Elle nous montre la beauté de cette transformation qui participe à notre enchantement et notre propre construction.

CELINE CLERON

Depuis plus de 15 ans, Céline Cléron mène une production artistique dans le champ de l’objet et de la sculpture, réunissant une multiplicité de matériaux et de supports : verre, tissu, cire d’abeille, ballons, fossiles, bois, porcelaine, dessin, photographie, vidéo… Céline Cléron créé des œuvres hybrides, inspirées par les objets du quotidien et leur force d’évocation, mais également par le passé, l’histoire de l’art et l’archéologie, les encyclopédies, les musées, les mythologies et les cultures anciennes, les sciences.

Les objets qui retiennent son attention ont en commun le fruit de phénomènes naturels ou le produit du travail de l’artisan. Le plus souvent, l’artiste travaille en collaboration avec des artisans pour réactiver des techniques et des gestuelles en voie de disparition. Elle s’appuie ainsi sur les compétences d’un souffleur de verre, d’une costumière, d’un ébéniste, d’un taxidermiste, d’un apiculteur…

Ces « savoirs faire » précis côtoient dans son travail un certain « laisser-faire » qui consiste à convoquer des accidents, des hasards, que les processus techniques engagés vont produire en évoluant. Le hasard et l’accident sont au cœur de sa démarche, ses pièces étant souvent complétées par l’œuvre de la nature ou de l’animal, figure également très importante dans l’ensemble de son travail. La notion de temps et plus singulièrement de temps arrêté ou suspendu, est également récurrente dans sa démarche. Chez Céline Cléron, le rapport au souvenir comme au jeu se tisse dans le détournement, selon une tension persistante entre ce qui est figé et ce qui est en mouvement, entre permanence et impermanence, origines et évolution, fondamentaux et inventions. Les objets présents dans l’environnement qui entoure l’artiste mais aussi les images évoquées par sa mémoire, la corrélation entre forme et dénomination génèrent des analogies, des glissements sémantiques et visuels, qui se reflètent à travers son œuvre.

MARIE DENIS

Depuis plus de 20 ans, ses installations, sculptures et objets, se plaisent à détourner les règles et savoir-faire, pour les poétiser. « Ma pratique se nourrit de toutes les stimulations, les impressions vives, irrationnelles et concrètes de la vie, qui sont pour moi comme l’huître fait sa perle : un accident qui produit un enchantement ». Son œuvre est sculpturale, et « les règnes » de la nature son fil d’Ariane.

La prédilection de l’artiste pour l’univers végétal et minéral, et son goût du paradoxe, insufflent deuxième sens et nouvelle vie aux matières. L’artisanat et les objets du quotidien passent aussi par ses métamorphoses : du cuivre tourné aux bois polymorphes. Des savoir-faire croisés avec des pailleurs, osiéristes, ébénistes, coiffeurs, tapissières, métalliers, lui inspire des idées qui échappent à la seule technique. L’herbier dans la pratique de Marie Denis, prend aussi les formes les plus variées: photographiques, estampés, sculpturaux, minéralisés par les patines, ou saisis entre 2 verres.

Autant de recherches qui magnifient et questionnent les facettes végétales. Un univers qui selon elle, kaléidoscope l’idée de nature.

STEPHANE GUIRAN

Essec de formation, il quitte en 2001 le monde du graphisme pour la sculpture. De 2002 à 2011, il réalise principalement des œuvres à partir de lignes d’acier, dans la continuité de ses premières années autour du graphisme. En 2004, il se forme à la fonderie lors d’une année de résidence à Barcelone qui lui ouvrira les portes de la sculpture monumentale. Durant cette période son travail épuré sur la ligne évoque une écriture imaginaire qui se déploie dans l’espace, souvent inspirée par la calligraphie et les haïkus japonais.

En 2011, il rejoint la galerie Alice Pauli et commence à explorer d’autres médias : tout d’abord la photo, autour des reflets dans la série des Symétries. Puis le verre et le cristal, qui prennent rapidement une part prépondérante dans son œuvre. Le cristal le conduit à des formes plus organiques, largement inspirées par son lien intime avec la nature. Il parcourt le cristal sous différentes expressions contemporaines, en tant que matière recyclée à travers son travail sur le calcin, en tant que pixel ou élément de dessin, ou dans des dialogues avec les cristaux issus de la nature et autres pierres cristallines.

Ses dernières créations explorent l’espace par-delà les limites traditionnelles de la sculpture. Elles visent à impliquer le public pour qu’il prenne part à l’œuvre en la ressentant par son caractère poétique et immersif. Ses installations mixent les matériaux, le son, l’image, la lumière et l’écriture dans une recherche libre autour de l’intériorité et de la place de l’homme au sein de la nature.

Stéphane GUIRAN BP 30 | 13810 Eygalières www.guiran.com

PHILIPPE LEPEUT

Jusqu’à son séjour à la Villa Médicis, en 1991, Philippe Lepeut a pratiqué la peinture.

A Rome, il comprend que ce qui l’anime ce sont les relations que la peinture entretien avec l’architecture et la peinture de paysage telle que Hubert Robert l’a porté à travers le battement ruine/tableau/fabrique et la question des points de vue. D’où regarde-t-on ? Que regarde-t-on ? Cette tension entre nature et architecture s’est développée dans de nombreuses expositions jusqu’à son retournement fictionnel avec la figure de « Robinson » empruntée à Defoe.

Le travail de l’artiste se nourrit autant de littérature, de poésie et de cinéma que d’histoire de l’art. La langue, l’installation, la photographie, le son et quelques constructions y ont également trouvé leur place.

Dès lors, l’artiste conçoit ses expositions comme des fictions faites d’éclats habituellement appelés « œuvres ». Ce sont des pièces détachées déjouant toute chronologie qui s’assemblent en fiction poétique, montages narratifs dialoguant avec le contexte de l’exposition, commissariat, architecture. Ainsi, chaque exposition est une aventure romanesque où coexistent des éclats pour recomposer un « Ici et Maintenant ».

Si les œuvres possèdent une autonomie, il y a en chacune d’elle une part manquante qui appelle l’autre et l’autre et l’autre en un système agrégatif. Les œuvres anciennes ou nouvelles appelées au générique de l’exposition se mêlent et s’actualisent en une histoire née de leur rencontre avec le contexte. Ces montages provisoires sont nommés, ici, « célébration ». Les titres des œuvres sont importants : Transfert, Image, Oculus, Vivre avec, Reprise, Pinocchio rêvant qu’il chante « Bird of prey » de Jim Morrison et encore l’Expérience de la goutte de poix. Ce sont leur nom de naissance qui élargissent la narration en un récit plus vaste.

DAVID NASH « NATURE TO NATURE »

En collaboration avec Galerie Lelong & Co., Paris et Annely Juda Fine Art, Londres.

Né le 14 novembre 1945 à Esher en Angleterre, David Nash est un sculpteur et dessinateur britannique qui vit depuis 1967 dans la ville de Blaenau Ffestiniog au nord du Pays de Galles. David Nash fréquente le Kingston College of Art puis la Chelsea School of Art ou il travaille essentiellement le bois en gardant un vif intérêt pour les paysages et la nature qui l’entoure. Son travail est présenté à la galerie Abbot Hall Art à Kendal au Royaume-Uni, à la galerie Lelong de Zurich, à Sala de la Diputacion en Espagne, à la galerie Annely Juda Fine Art de Londres et dans les jardins botaniques royaux de Kew à Londres. Membre de la Royal Academy depuis 1999, son œuvre est largement représentée dans les principaux musées d’Europe, d’Amérique, d’Australie et du Japon. Parmi ses œuvres les plus célèbres, on compte Ash Dome (1977) : il plante un cercle de frênes pour former un dôme en bois, son emplacement est gardé secret pour en protéger l’environnement délicat. Pour Wooden Boulder(1978), Nash dépose une large boule de bois sur le flanc d’une montagne galloise afin qu’elle puisse être reprise par la nature petit à petit puis par l’océan Atlantique après de nombreuses années.

Le travail de David Nash s’appuie sur des « œuvres vivantes », met en avant les changements de la nature, de l’érosion, des saisons, « qui dépasse celui dont l’homme, en moyenne, dispose ».

Il travaille les matériaux naturels et les arbres vivants. Il sculpte ses œuvres avec des tronçonneuses et des chalumeaux, transformant des arbres en formes inattendues. Chez Nash, c’est le bois (le tronc, la branche, la souche) qui guide l’artiste. Il lui suggère une sculpture qui évolue au cours du travail en taille directe. « They look at me » (Ils me regardent) dit l’artiste en parlant des matériaux qu’il a à sa disposition et c’est de cette interpellation, confrontation, conversation que va naître l’œuvre. Le dessin vient après. Le bois reste son matériau de prédilection, celui de la création première. Mais le bronze – travaillé à partir du bois devient une façon de réaliser des œuvres jouant des vides du bois ou de conférer une puissance durable et monumentale à des œuvres fragiles.

On retrouvera dans les œuvres exposées des formes issues de notre environnement, à plat ou en volume, à peine modifiées, agrandies, épurées, détachées de leur usage et occupant l’espace pour elles-mêmes. Des colonnes, des pics et des montagnes, des torses ou des troncs… simplement, sans ornements.

« COLLECTION DAVID H. BROLLIET, GENEVE » 40 ans de coups de cœurs et un docu. de 60min

La Fondation Fernet Branca est heureuse de présenter une exposition de la collection du genevois David Brolliet qui depuis une quarantaine d’années se passionne pour l’art contemporain.

Connu pour son engagement politique, producteur de films, chanteur et acteur, l’exubérant David Brolliet a plus d’une corde à son arc. Mais pour cette exposition, le fil rouge c’est le collectionneur, son éclectisme, ses coups de cœur, son engagement. Le choix des œuvres rend compte du parcours de David Brolliet depuis sa première œuvre choisie chez le célèbre galeriste genevois Pierre Huber lorsqu’il avait 18 ans, une sculpture de l’artiste lyonnais Daniel Aubanel. Viennent ensuite d’autres artistes lyonnais et des Suisses parfois très connus comme John Armleder, Sylvie Fleury, Roman Signer ou Pipiloti Rist. Dans le milieu des années 90 David H. Brolliet prend un pied-à-terre parisien, il va y rencontrer la nouvelle scène artistique de l’époque Saâdane Afif, Kader Attia, Wang Du, Richard Fauguet, Marlene Mocquet, Bruno Peinado, Barthélémy Toguo, Erwin Wurm, Chen Zhen

Son engagement se traduit principalement par son action au sein de l’ADIAF (Association pour la Diffusion Internationale de l’Art Français) qui organise notamment le Prix Marcel Duchamp pour la jeune création. Il rejoint le Conseil d’Administration de l’ADIAF pendant plusieurs années jusqu’à son départ de Paris en 2009. Il participe activement aux expositions « De leur temps » qui présentent des œuvres des collectionneurs de l’ADIAF. Il est également très actif auprès du MAMCO de Genève auquel il a donné et prêté des œuvres importantes. Son appartement parisien était rempli du sol au plafond de ses coups de cœur. Il aime alors se décrire comme un collectionneur engagé voir « professionnel » ; depuis une dizaine d’années, David Brolliet s’intéresse à la scène artistique africaine et se rend régulièrement en Afrique pour développer des projets.

La collection David Brolliet est éclectique, elle est le fruit de ses rencontres et de ses coups de cœur depuis 40 ans. Dans les petites salles de l’exposition on retrouve l’atmosphère de la présentation des œuvres dans l’appartement du collectionneur avec un accrochage foisonnant et des œuvres qui se regroupent par affinités, se répondent ou parfois s’affrontent. Dans la très grande salle, c’est une autre approche qui est proposée ; des œuvres imposantes se déploient dans un espace muséal permettant une circulation plus libre et une vision d’ensemble des différentes facettes de cette collection.

Commissaires de l’exposition : Véronique Hillereau et Yann Rudler

LE FILM

La rencontre avec le collectionneur David H. Brolliet s’est faite dans les années 2000; c’est là que le film a commencé; d’abord à l’occasion d’interviews lors de salons comme la Fiac, puis avec une visite filmée de sa collection dans son appartement parisien. Le projet reprend en  2015 et se développe entre Genève et divers rendez-vous du monde de l’art comme le Prix Marcel Duchamp au Centre Pompidou, les foires Art Basel, Artemontecarlo, la Biennale de Venise et des rendez-vous plus privés avec les artistes dans leurs ateliers. Le film est un parcours d’une heure avec le collectionneur qui ouvre en grand les portes de sa collection et du monde de l’art. Ce dernier raconte le quotidien d’une gestion de collection.

Le film documentaire de 60 minutes réalisé par Creativtv est présenté dans l’exposition.

CREATIVTV

Creativtv est un collectif de réalisateurs qui travaille dans le monde de l’art et a réalisé depuis 20 ans de nombreux portraits d’artistes ainsi que des films thématiques

Parmi les nombreux artistes ayant participé à ces rencontres filmées on peut citer dans le désordre Raymond Hains, Jacques Villeglé, Orlan, Robert Combas, Daniel Buren, Jan Fabre, Christo, Fabrice Hyber, Valérie Favre, Richard Deacon, Yann Toma, Bernard Cousinier, Lee Bae .

Fondation Fernet Branca

1500m2 pour l’art contemporain

2, rue du Ballon

68 300 Saint-Louis – Alsace

+33 3 89 69 10 77

Horaires d’ouverture : du mercredi au dimanche de 13 heures à 18 heures

Président : Jean Ueberschlag

Directeur : Pierre-Jean Sugier

Médiation jeune public : Coralie Oberlaender

Chargée des projets et de la communication : Anaïs Roesz

Assistante projets : Claudia Caliendo

Régisseurs : Perrin Keller, Michele Morando, Aglaé Rochette, Manon Cézaro

Nos partenaires :

Nous remercions le collectionneur David H. Brolliet, Véronique Hillereau et Yan Rudler, les

commissaires de l’exposition, Le Mamco de Genève et Gabriele Lechner, traductrice.

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