Georg Baselitz à la Galerie Ropac Pantin

Baselitz Galerie Ropac Pantin Photo VB

Georg Baselitz ” Descente ” jusqu’au 1er Juillet 2017  Galerie Thaddaeus Ropac Pantin

Georg Baselitz Die Zeit läuft davon . 2017 Gaklerie Thaddeus Ropac Photo VB
Georg Baselitz Die Zeit läuft davon . 2017 Gaklerie Thaddaeus Ropac©VB

La Galerie Thaddaeus Ropac présente dans son espace de Pantin un vaste ensemble de nouvelles peintures et d’œuvres graphiques de l’artiste allemand Georg Baselitz, réunis sous le titre de Descente. Cette exposition se compose de cinq groupes d’œuvres qui, d’un point de vue stylistique et conographique, se rattachent au cycle intitulé Avignon et aux autoportraits fragmentés que l’artiste avait montrés à la Biennale de Venise en 2015. Baselitz abordait alors la question de l’œuvre tardive et de la vieillesse en se référant à un fait historique notoire : la ville d’Avignon avait refusé la donation d’une série d’œuvres tardives de Picasso.

En 2017, un an avant son 80ème anniversaire, ce thème est toujours présent : « J’étudie l’œuvre tardive de Picasso. Avignon. (…) Sa carrière était au plus bas. Personne ne voulait de ses tableaux. Arman et Christo étaient en vue à Paris et continuaient à produire tandis que Picasso était absent de la scène artistique. Quand on vieillit, on se demande : suis-je encore dans la course, ou les autres ont- ils déjà filé loin devant ? » faisait remarquer Baselitz lors d’un entretien récent.

Dans les quatre nefs de la galerie, l’artiste présente des interprétations d’un tableau iconique de Marcel Duchamp, Nu descendant un escalier (1912), des portraits presque abstraits du peintre originaire de Dresde Ferdinand von Rayski, des références à un tableau d’Otto Dix Die Eltern des Künstlers [Les parents de l’‘artiste] (1924), des portraits sensibles et pourtant sans concessions de sa femme Elke, ainsi que des travaux qui renvoient à Die Grossen Freunde [Les Grands amis], un de ses tableaux de 1965. Dans l’espace de la galerie ces œuvres se font écho et ouvrent sur cet univers plastique intime et très personnel devenu caractéristique du travail de Baselitz ces dernières années.

A propos de ces motifs autoréférentiels, Baselitz disait récemment : « Le champ thématique de mon travail s’est fortement réduit au cours des dernières années. L’important est que je me suis de plus en plus isolé dans ma peinture. Je me suis de plus en plus replongé en moi-même pour en tirer tout ce que je fais. Je vis avec d’anciens catalogues, avec de vieilles photos et ne fais rien d’autre. Je peins entre moi et moi-même et sur nous deux. Voilà. Et de temps en temps, quelqu’un comme Dix, que j’estime beaucoup, vient se joindre à nous. »

Ses nouveaux tableaux se concentrent sur son enfance et sa jeunesse, ses débuts artistiques ainsi que sur des personnages de sa ville natale Dresde, sa femme Elke et lui-même. Ces dernières années, le développement d’une iconographie singulière contraste radicalement avec le degré d’innovation plastique et technique présent dans ses œuvres. Lors d’une première étape, Baselitz réalise une peinture très contrastée en deux couches. Ensuite, il applique à la spatule un volume important de peinture à l’huile d’un blanc pâteux qui donne une impression de relief. « Puis il y a des dessins pris dans cette masse blanche. Des physionomies et des formes similaires. Tracées avec un objet qui ressemble à un calame, une sorte de roseau taillé en pointe. Enfin, l’ensemble est caché. Comme enfumé. Il est neutralisé, contenu. Autrefois, un tableau efficace était un tableau où tout fonctionnait ensemble. Le format, les contrastes, les contours, tout était juste. Si vous peignez un tableau noir, il n’est pas efficace – qu’est-il alors ? Il a l’attitude d’un tableau ou l’allure d’un tableau. C’est quelque chose de suggéré. J’ai décidé de faire des tableaux inefficaces ». (Georg Baselitz)

Le Nu descendant un escalier (1912) de Marcel Duchamp est généralement considéré comme un adieu à la peinture, comme un point final tout en étant un nouveau départ. Baselitz, qui qualifie cette œuvre d’entièrement piquée à Picasso, s’est intéressé à Duchamp en 1999 et en 2007. S’attachant à le représenter avec sa femme de chambre dans des scènes érotiques pleines d’humour, il oppose la subjectivité artistique à la tendance conceptuelle de Duchamp. « A un moment donné, j’ai compris que c’était absurde. L’art est subjectif et traite de lui-même et de l’artiste. C’est l’artiste qui est le plus important dans l’art. Lui, Duchamp, y a mis fin. Et y a également mis fin théoriquement. La fin du monde est son dernier tableau. Pourtant, même du temps de Duchamp, il y  avait évidemment des gens comme Picasso et d’autres qui continuaient joyeusement à peindre. Le subjectif, l’individuel sont décisifs en art. Et si on refuse de l’admettre, cela devient alors de la politique, de la philosophie ou un événement banal. C’est une règle, un enseignement dont j’ai fait moi-même l’expérience. Dès que je remarquais que je me faisais mal voir, j’observais les gens et constatais qu’ils étaient dans l’erreur et voulaient une chose que je ne pouvais pas approuver. Ils cherchaient à me dominer. Avec des dogmes, avec des idéologies.»

Georg Baselitz Das schwarzbraune Lied . 2016 Galerie Thaddeus Ropac Photo VB
Georg Baselitz Das schwarzbraune Lied . 2016 Galerie Thaddaeus Ropac©VB

L’année dernière, le Städel Museum de Francfort a montré une importante exposition réunissant presque la totalité de la légendaire série des Helden et Neuen Typen [Héros et Nouveaux types], considérée aujourd’hui comme des œuvres clés de l’art allemand des années 60. La plus grande toile de ce cycle, Die Grossen Freunde [Les Grands amis], de 1965, présentée à Francfort  l’année dernière, fait l’objet d’une réinterprétation dans l’exposition de Pantin. A propos de cette démarche, Baselitz faisait récemment remarquer : « Ma façon de peindre n’est pas très convenable, mais je les ai peintes, comme je peignais dans les années 1960. J’ai pris des nuances brunes et du noir. Je trouve que ce sont cinq magnifiques tableaux. Il y a des coulures, ils sont un peu flous, mais comme la composition est déjà connue, le spectateur les confond avec ce qu’il a déjà vu. Ils ne ressemblent plus à des héros brisés. En fait, ils sont plutôt agressifs. C’est devenu incroyablement agressif avec cette couleur. »

Georg Baselitz est né en 1938, sous le nom de Hans-Georg Kern, à Deutschbaselitz, près de Dresde. Il vit et travaille actuellement à Bâle, sur les bords du lac Ammersee (Bavière), à Salzburg et à Imperia (Ligurie). Ses œuvres, qui évoluent dans le champ de tension entre l’héritage de l’expressionnisme allemand et l’aisance gestuelle de la peinture américaine (Jackson Pollock, Willem de Kooning), font de Baselitz une figure essentielle de l’art contemporain à partir des années 1960. Ses Heldenbilder, [tableaux de héros], Fingermalereien [peintures aux doigts], Frakturbilder [tableaux fracturés] et Russenbilder [tableaux russes] sont présents dans les collections des musées les plus prestigieux. À la fin des années 1960, Baseliz commence à peindre ostensiblement ses motifs à l’envers, montrant ainsi que les éléments picturaux prédominent par rapport au sujet. Il en résulte une exceptionnelle simultanéité entre figuration et abstraction. Le désir de transformation, de changement permanent se fait également sentir dans son œuvre tardive. Depuis 2006, il a réalisé des peintures appelées Remix Bilder [Tableaux remix], où il interroge librement l’iconographie de ses œuvres passées.

Les expositions Baselitz :Baselitz a représenté l’Allemagne à la Biennale de Venise en 1980, il a participé en 1972, 1977 et en 1982 aux documenta 5, 6 et 7 à Kassel. Le Solomon R. Guggenheim Museum de New York organise sa première grande rétrospective en 1995 qui est ensuite présentée au Los Angeles County Museum, au Hirschhorn Museum à Washington D.C., à la Nationalgalerie, à Berlin et au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. En 2007, la Royal Academy of Art de Londres organise une autre rétrospective d’importance. En 2006 et 2007, la Pinakothek der Moderne de Munich et l’Albertina de Vienne présentent pour la première fois le cycle des Remix Bilder [Tableaux remix]. En 2011, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris montre l’ensemble de son œuvre sculptée. En 2014, le Haus der Kunst de Munich lui dédie une grande exposition personnelle où l’on peut voir ses Schwarzen Bilder [Tableaux Noirs] et ses bronzes à patine noire pour la première fois dans un cadre institutionnel. En 2015 il présente la série Avignon à la Biennale de Venise. En 2016, une confrontation entre les œuvres de Georg Baselitz et celles d’Emilio Vedova a lieu au Musée Küppersmühle de Duisburg. En 2016, la série des Helden und Neuen Typen [Héros et nouveaux types] est exposée au Städel Museum de Francfort et au Moderna Museet de Stockholm. Celle-ci est actuellement présentée au Palazzo delle Exposizioni à Rome et elle voyagera ensuite au Guggenheim de Bilbao. Une exposition de l’artiste se tiendra également à la Nationalgalerie de Budapest au printemps de cette année.

En janvier 2018, la Fondation Beyerler présentera une vaste exposition monographique des œuvres de Baselitz à Riehen, près de Bâle.

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Un ouvrage, avec un texte de Florian Illies, sera publié à l’occasion de l’exposition.

GALERIE THADDAEUS ROPAC – PANTIN
69, AVENUE DU GÉNÉRAL LECLERC FR-93500 PANTIN

Mardi au samedi  de 10h à 17h 

CAFÉ BLEU 10.30 – 18.30

TEL +33 (0)1 55 89 01 10

 

 

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