Bâle HEK “Silicon Is a Grey Crystal”

vendredi 8 décembre 2017 par Veronique Bidinger

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HEK- Haus der Elektronischen Künste- Basel propose l’exposition : “Silicon Is a Grey Crystal” jusqu’au 30 décembre 2017

Possibilités de visites pour les groupes et les scolaires

Katrin Niedermeier, “Blooming”, 2016, videostill. Photo courtesy of the artist.Katrin Niedermeier, “Blooming”, 2016, videostill. Photo courtesy of the artist.

Dans le cadre des circuits en bus de la Regionale 18 , deux visites guidées ont lieu au HeK. Le commissaire, Boris Magrini, présentera l’exposition en allemend et en même temps, une visite guidée a lieu exclusivement en français.

Avec le constant redoublement du pouvoir de calcul des ordinateurs, la symbiose entre vie organique et réalité numérique semble enfin s’achever. Cependant, la réalisation de cet ancien fantasme se traduit autrement que dans les rêveries de la science-fiction pour accomplir plutôt les impératifs de la logique capitaliste, où les activités humaines se marchandent en tant que produit numérique.

Dans ce contexte, plusieurs artistes préfèrent adopter une attitude désenchantée envers la révolution digitale. Dans l’exposition, certains d’entre eux dévoilent notre relation ambiguë avec les ordinateurs en tout genre, d’autres révèlent le caractère illusoire des prophéties technologiques. Certains, encore, célèbrent les dérives chaotiques des algorithmes, en générant glitches et anomalies pour simuler une vie inconsciente des machines, d’autres redécouvrent la beauté de technologies obsolètes. Matière première des transistors, le silicium dévoile dans ces œuvres ses rêves et ses hallucinations.

Artistes: Thomas Georg Blank, Beat Brogle, Simon Burkhalter, Ted Davis, Jean-Baptiste Friquet, Dorota Gawęda et Eglė Kulbokaitė, Sid Iandovka et Anya Tsyrlina, Tamara Janes, Jacques Lopez, Julia Mancini, Yann Patrick Martins, Marian Mayland, Katrin Niedermeier, Dana Gabriela Popescu, Denim Szram, Romain Tièche, Jakob Tyroller.

Curateur: Boris Magrini

 Future Love. Désir et filiation dans l’hypernature 18 janvier au 15 avril 2018

L’exposition collective “Future Love. Desire and Kinship in Hypernature” examine l’impact des nouvelles technologies et des réseaux sociaux sur nos relations affectives et notre sexualité.

Pinar Yoldas, Kassandra TCGACTTGATGAACTCTCTACCACACT, 2017, ScreenshotPinar Yoldas, Kassandra TCGACTTGATGAACTCTCTACCACACT, 2017, Screenshot

Jamais l’avenir de nos relations affectives, sexuelles et familiales n’a semblé plus excitant, prometteur et tourmenté qu’aujourd’hui. Les biotechnologies offrent des moyens de reproduction alternatifs, qui transforment les rôles de genre et leurs frontières biologiques, tout en interrogeant les structures traditionnelles des liens familiaux. De nouveaux produits industriels proposent de réaliser des fantasmes sexuels atypiques, que ce soit dans le monde virtuel ou dans la réalité. La connectivité universelle permet aux modèles d’amour et de sexualité non conventionnels de circuler, soulevant ainsi perpétuellement des débats idéologiques parmi puritains et progressistes, malgré une acceptation croissante de la part de la population. Cette nouvelle interdépendance entre technologie, ingénierie et environnement donne naissance au concept d’«hypernature», une version améliorée de l’écosystème, incluant les corps artificiels et leurs corrélations. Dans ce contexte, certaines des théories les plus avant-gardistes remettent en question notre rôle prédominant dans l’écosphère, nous incitant à transcender les discours habituels sur l’Anthropocène, tout en examinant nos instincts impérieux de reproduction et de survie.

Débat :  les récents progrès des nouvelles technologies et des réseaux sociaux ont-ils fondamentalement modifié nos relations et nos sexualités? Quelle influence exercent-ils sur nos représentations de l’amour, de la famille et des rôles de genre? Dans un contexte post-numérique, les artistes internationaux qui participent à l’exposition abordent ces questions à travers une multitude de supports, depuis les biotechnologies jusqu’à la réalité virtuelle. Ils matérialisent différentes visions personnelles relatives à nos préférences sexuelles et amoureuses actuelles, considérant à cet égard les aspects liés non seulement aux histoires d’amour personnelles, mais également à la sexualité comme signe d’affection, comme processus reproductif ou comme activité récréative. Ainsi, Tabita Rezaire imagine des installations vidéo qui mélangent des éléments de la culture africaine traditionnelle et du cyberfuturisme, afin de générer des mantras thérapeutiques qui renversent les positions patriarcales occidentales sur la sexualité, tandis que les animations étincelantes de Wong Ping abordent le thème de la répression et de la frustration sexuelles. Una Szeemann produit des sculptures imprimées en 3D qui sont le fruit de ses méditations sous hypnose sur l’amour moderne, à l’ère des applications de rencontres. Le collectif ! Mediengruppe Bitnik dévoile quant à lui le mécanisme cynique qui sous-tend précisément ce type de services virtuels. L’artiste et activiste Micha Cardenas a mis au point des applications spécifiquement conçues pour les personnes transgenres, afin de combler une lacune sur un marché lourdement déterminé par les modèles hétéronormés. Parallèlement, Mary Maggic crée des documentaires de fiction décrivant des protocoles maison de piratage d’œstrogènes, afin de soulever la question de l’accès des personnes trans et des femmes à ces hormones. Certains artistes, tels que Pinar Yoldas et Špela Petrič, émettent des hypothèses sur les biotechnologies et la possibilité de donner naissance à des enfants sur mesure, voire à de nouvelles espèces. Les travaux de Dmitry Morozov (alias ::vtol::) et Karen Lancel & Hermen Maat explorent le bio-feedback et les dispositifs portables comme moyens d’enregistrer, d’analyser et, potentiellement, d’améliorer nos comportements sexuels. Les œuvres de réalité virtuelle, comme celles d’Ed Fornieles, permettent de faire l’expérience de rencontres troublantes avec des partenaires inattendus. Enfin, les installations combinées de Joey Holder, Chloé Delarue et Olga Fedorova donnent forme à des représentations visionnaires et emblématiques de notre sexualité moderne perturbée.

L’exposition “Future Love. Desire and Kinship in Hypernature” livre des points de vue critiques, insolites et novateurs sur notre vie dans le futur, ainsi que sur les changements, les opportunités et les défis imminents, susceptibles d’influencer nos comportements. Les œuvres présentées constituent des hypothèses, des critiques et, parfois, des utopies, qui nous invitent à examiner les modèles de relations affectives qui définissent notre condition d’êtres humains et notre présence dans l’écosphère.

Artistes: Micha Cárdenas (US), Chloé Delarue (CH), Olga Fedorova (RU), Ed Fornieles (UK), Joey Holder (UK), Karen Lancel & Hermen Maat (NL), Dmitry Morozov (RU), Špela Petrič (SI), Wong Ping (HK), Tabita Rezaire (FR), Una Szeemann (CH), Mary Maggic (US), Pinar Yoldas (TR/US), !Mediengruppe Bitnik (CH).

Commissaire d’exposition: Boris Magrini

Vernissage: 17.01.2017, 19:00

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