Le Centre Pompidou invite le cor des Alpes suisse pour ses 40 ans

vendredi 2 juin 2017 par

Thomas Keller ©VBThomas Keller Alponom ©VB

Le Centre Pompidou convie l’artiste Fujiko Nakaya , les compositeurs Stephen O’Malley et Peter Rehberg et l’ensemble Aponom les 2 et 3 juin à 22h sur la Piazza

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Vendredi soir , Beaubourg a  bel et bien disparu dans les brumes de Fujiko Nakaya. Un spectacle d’une heure saisissant et hypnotique dont la fascination fut encore accentuée par la composition (NIAGARA REVERB #07150 ) du guitariste Stefen O’Malley digne d’un Jimi Hendrix dans ses meilleurs moments,  et les appels sourds du cor des Alpes lancés par l’ensemble bâlois Alponom.

Alponom Centre Pompidou 40 ans Photo VBCentre Pompidou 40 ans ©VB

Pour marquer les 40 ans du Centre Pompidou et de l’Ircam, l’artiste japonaise, sculptrice du brouillard, Fujiko Nakaya fait disparaître la structure du bâtiment du Centre Pompidou. Avec Stephen O’Malley et Peter Rehberg, elle transforme son parvis (Piazza) en scène électronique. Ces trois artistes ont souvent collaboré, notamment dans les productions de Gisèle Vienne. Leur in situ en plein air est une scénographie électronique qui, à partir du timbre de cors des Alpes de l’ensemble Alponom, se déploie dans l’espace public.

Thomas Keller et le Buchel photoVBThomas Keller et le Büchel  variation du cor des Alpes ©VB

Le Cor des Alpes par Thomas Keller de la Kaserne de Bâle et l ‘ensemble Alponom

Thomas Keller n’est pas seulement le directeur administratif de la Kaserne de Bâle , il est aussi passionné et pratiquant de Alphorn ou cor des Alpes depuis une bonne quinzaine d’années . Comment le Centre Pompidou a eu l’idée d’intégrer l’Ensemble Alponom au sein duquel joue Thomas ? Réponse de l’interessé :

” c’est quelque chose de tout à fait extraordinaire et nous en sommes encore tout surpris . Le lien s’est fait grâce à Stephen O’Malley, guitariste versé dans la musique expérimentale et lié à l’IRCAM ( Institut de recherche et coordination acoustique/musique fondé par Pierre Boulez en 1969), émanation du Centre Pompidou. Stephen était venu à Bâle pour un spectacle de  la chorégraphe marionnettiste Gisèle Vienne que nous avons reçus plusieurs fois . Il a eu l’occasion de m’écouter jouer du Alphorn et ça l’a beaucoup interessé ; nous avons donc reçu ensuite une invitation à l’attention de notre groupe Alponom pour participer aux spectacles présentés pour les 40 ans de Beaubourg.”

  • Soyons pragmatiques : Thomas comment vas-tu transporter ton cor des Alpes ?

” Ce n’est pas si difficile , nos instruments sont faits de bois souples et léger que sont le hêtre et le bouleau pour le revêtement . En outre , ils sont sécables en 3 parties , sinon , il faudrait s’arranger avec une longueur d’environ 3,50m . Ils intègrent leur housse et voilà , ils peuvent prendre le train! Nous en prenons grand soin car ils coutent autour de 4000CHF. Pas question non plus de leur laisser prendre l’humidité car le son en serait complètement perturbé.  Ce sont des fabricants d’instruments qui nous fournissent , ils sont très spécialisés , seulement une dizaine en Suisse centrale et orientale”.

  • Comment devient-on joueur de Cor des Alpes ? “

” Pour ce qui me concerne , j’ai eu comme professeur Balthasar Streiff  qui officie à la Musikwerkstatt de Bâle . Il forme  des groupes d’amateurs  pouvant compter jusqu’à 20 membres  comme c’est le cas pour notre groupe Alponom . Traditionnellement , les ensembles de cor des Alpes sont seulement 4. Balthasar Streiff sait jouer , composer pour de nombreux instruments comme le Büchel , la trompette, l’Euphonium , le zinc… Il en invente  de nouveaux d’où sortent des sons différents en en  modifiant la confection . Sa pratique est tout à fait particulière  car il met en place des projets dans les domaines des arts visuels , du théâtre , de la littérature , du cinéma , pour accompagner les différents styles de musique qu’il imagine pour le cor des Alpes . Du coup , il fait le lien entre la culture traditionnelle suisse et la musique contemporaine.

  • Le cor des Alpes n’est pas un instrument réservé aux  hommes semble-t-il?

Non , il n’y a aucune raison . On croit à tort qu’il faut avoir de la force et beaucoup de souffle pour jouer de cet instrument , mais c’est juste une question de technique ; au contraire , il faut souffler avec délicatesse pour sortir des sons audibles car le pavillon du cor est en quelque sorte équivalent à un porte-voix  . D’autre part , la gamme sur laquelle nous jouons ne correspond pas à celle d’une portée classique .Comme nous ne disposons pas de pistons ,la dizaine de tons que nous obtenons dépend des vibrations des lèvres et de la pression d’air transmise par la colonne du cor . Le résultat harmonique  est une  question d’équilibre entre ces deux notions.

  • Thomas , tu es fin prêt pour jouer ce soir et demain avec ton groupe Alponom sur le parvis du Centre Pompidou ?

Bon , en tout cas , notre training a été très sèrieux , d’autant que notre jeu avec Stephen  O’Malley sera très éloigné de la tradition . De toute façon,  nous sommes  rompus à des utilisations plus contemporaines grâce à l’enseignement de Balthasar Streiff qui a fait d’Alponom quelque chose d’unique en Suisse en créant des morceaux qui incluent du jazz et même de la pop !

Alponom se produira devant le centre Pompidou à 22h les vendredi  2 et 3 juin 2017

Stephen O’Malley guitariste musique expérimentale :

Stephen O’Malley (parfois appelé SOMA) est un musicien, principalement un guitariste, de Seattle, Washington qui a fondé – ou participé – à de nombreux groupes de drone doom, death-doom, et de musique expérimentale. Il est actuellement dans les groupes Ginnungagap, KTL, Lotus Eaters, et Sunn O))), et a fondé avec Greg Anderson le label Southern Lord Records. Il est aussi un graphiste, ayant créé des couvertures d’albums et des posters pour des groupes tels que Earth, Emperor, Zyklon, Boris et Probot. Il fait aussi des posters en sérigraphie pour des groupes comme les Melvins. Il a aussi publié un fanzine de black metal appelé “Descent” au milieu des années 1990 et est impliqué dans le label “The Ajna Offensive”, qui regroupe des artistes de néofolk, de black metal, et de musique expérimentale. Bien qu’il soit originaire de Seattle, son site web déclare qu’il vit maintenant à Paris, en France.

Peter Rehberg musique expérimentale sur ordinateur

Peter Rehberg (ou Pita) (né le 29 juin 1968 à Londres) est un musicien de musique expérimentale utilisant principalement l’ordinateur pour composer. Il a collaboré avec : Jim O’Rourke, Christian Fennesz, Dennis Cooper, Gisèle Vienne, Stephen O’Malley (ou KTL), Tina Frank, Matmos, Tujiko Noriko, Kevin Drumm, Marcus Schmickler, Michaela Schwentner (ou Jade), Matt “Skitz” Sanders, Russell Haswell, Florian Hecker, Carlos Giffoni, Gert-Jan Prins, Mika Vainio, General Magic, Zbigniew Karkowski, Z’EV, Rosy Parlane, Keith Rowe, Sunn O))). Il est aussi un membre de Mimeo. En 1999 il a reçu le Prix Ars Electronica pour Digital Musics, aux côtés de Christian Fennesz. Il dirige également le label Editions Mego, anciennement appelé Mego.

 Fujiko Nakaya sculptrice de brouillard :

Fujiko Nakaya naît à Sapporo en 1933 ; son père, Ukichiro Nakaya, qui crée les premiers flocons de neige artificiels, est à cette époque professeur assistant à l’Université de Hokkaido. Fujiko Nakaya est diplômée de l’Université Northwestern à Evanston, États-Unis. Nakaya est maître de conférence du département de cinéma de l’Université Nihon de 1979 à 1998. En 1980, elle ouvre la première galerie d’art vidéo du Japon, la Video Gallery SCAN, à Harajuku. Fujiko Nakaya crée la première sculpture de brouillard pour le Pavillon Pepsi lors de l’Exposition universelle de 1970 à Osaka, en tant que membre de l’organisation Experiments in Art and Technology (en)2. Depuis, elle a réalisé plusieurs installations de brouillard, dont 2013 : Fog Bridge #72494, Exploratorium, San Francisco, 1998 : Fog Sculpture #08025: F.O.G., Musée Guggenheim, Bilbao, 1994 : Greenland Glacial Moraine Garden, musée de la neige et de la glace, Kaga,  1980 : Opal Loop/Cloud #72503, New York.

Pour l’évènement des 40 ans du centre Pompidou , les artistes reunis pour l’occasion ont crée la composition NIAGARA REVERB #07150 création 2017

IRCAM Centre Pompidou

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