Malick Sidibé photographe à la Fondation Cartier

Fondation cartier Malik Sidibé par Brigitte Ollier2001©VB

La Fondation Cartier expose jusqu’au 25 février 2018 l’oeuvre du photographe malien Malick Sidibé

Malick Sidibé ou comment saisir la joie de vivre

Fondation Cartier Malick Sidibé Combat des amis avec pierres au bord du Niger1976
Fondation Cartier Malick Sidibé Combat des amis avec pierres au bord du Niger1976

S’il y a une humanité quelque part , pour l’heure elle se trouve à la Fondation Cartier grâce à Malick Sidibé , le gars qui respire la joie , rit à gorge déployée juste parce qu’il retrouve ses potes photographiés à la grande époque du twist et des yéyés à Bamako , il y a une soixantaine d’années ( voir le film à la Fondation )  . Les soirées chaussettes noires , les surprise-partie chez Maroko, les soirées mariage, les fans de James Brown , on se lancerait facilement dans la danse avec n’importe lequel de ces héros du jour , ceux de Malick , le photographe enthousiaste et généreux qui a transformé sa vie en expèrience du présent.Malick a acquis son premier appareil photo en 1956 : un Brownie Flash. En 1958 , il a ouvert son propre atelier, Studio Malick où il est toujours resté.

“Le client compte beaucoup sur moi.Il faut le rassurer.L’embellir…Il faut de la confiance. Et du bonheur. Une photo, ce n’est pas pour soi-même, c’est aussi pour les autres.Quand on est bien dans sa peau, on a le sourire, c’est joli pour celui qui regarde, il en profite. Je n’aime pas la tristesse en photographie , c’est la misère “ . Malick Sidibé

La gaieté pour Malick Sidibé , c’est aussi la musique , la danse avec ses amis , le DJ Youssouf Doumbia alias Garrincha , et le guitariste malien Boubacar Traoré alias KarKar dont on entend la musique en visitant l’exposition.  Quand les clubs ont commencé à se disloquer en 1976 , Malick Sidibé a arrêté les reportages mais n’a jamais abandonné le noir et blanc. Sidibé était aussi connu à Bamako comme le seul réparateur d’appareils  photos mécaniques.

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Fondation Cartier Les 2 coépouses 1972 Malick Sidibé ©VB
Fondation Cartier Les 2 coépouses 1972 Malick Sidibé ©VB

En studio, ce travail que j’aimais trop m’a fait solitaire “. Pourtant ,  le secret du succès de Malick Sidibé , c’est qu’il se plaît en compagnie des autres et qu’il connaît intuitivement l’équilibre entre discrétion et indiscrétion pour mettre à l’aise ses modèles . Malick Sidibé incarne aujourd’hui la mémoire d’une époque formidable où il faisait bon vivre à Bamako . Il n’est pas un photographe de la nostalgie, mais un photographe historique qui ne compte pas ses heures : son studio est ouvert du matin au soir , voire jusqu’à minuit , un tout petit espace quartier Bagadadji  proche de la Grande Mosquée ouvert en 1998. Par la suite , Malick a commencé à bien gagner sa vie et à accueillir chez lui un peu tous ceux qui étaient dans le besoin , à tel point qu’il a du dormir pendant plusieurs mois dans son studio faute de place à la maison ; il n’en garde aucun regret car ce fut une pèriode très heureuse . “J’affichais les photos des soirées devant le studio et tout le monde se marrait en se reconnaissant .C’était comme du cinéma.”

En 1995, la Fondation Cartier pour l’art contemporain présentait la première exposition monographique du photographe malien Malick Sidibé hors du continent africain. Un an après la disparition de l’artiste le 14 avril 2016, elle lui rend hommage avec Mali Twist, une grande exposition rétrospective accompagnée d’un ouvrage, conçus et dirigés par André Magnin en collaboration avec Brigitte Ollier.

À côté d’œuvres iconiques, l’exposition propose pour la première fois un vaste ensemble de photographies vintage et de portraits inédits d’une beauté intemporelle. Véritable plongée dans la vie de “l’œil de Bamako”, ces clichés exceptionnels en noir et blanc révèlent comment Malick Sidibé a su saisir, dès le début des années 1960, la vitalité de la jeunesse bamakoise.

Malik Sidibé ou l’esthétique de la proximité

Le titre de l’exposition, Mali Twist, fait référence à la chanson éponyme du chanteur et guitariste malien Boubacar Traoré, sortie en 1963.

Fondation Cartier Malick Sidibé Je suis fou des disques 1973©VB
Fondation Cartier Malick Sidibé Je suis fou des disques 1973©VB

Hommage au grand photographe malien Malick Sidibé (1935-2016), Malick Sidibé, Mali Twist offre une plongée historique dans le Bamako des années yéyé, au temps du twist et du rock’n’roll, alors que le Mali vient d’accéder à l’indépendance. À travers plus de 250 photographies, cette vaste monographie montre comment Malick Sidibé a saisi la joie de vivre et l’élégance de la jeunesse bamakoise, que ce soit dans son studio de la rue Bagadadji ou lors des nombreuses surprises-parties qui se prolongeaient le dimanche sur les rives du fleuve Niger.

Dirigé par André Magnin et Brigitte Ollier, cet ouvrage réunit les photographies les plus remarquables et iconiques de Malick Sidibé, des tirages d’époque inédits réalisés entre les années 1960 et 1980, ainsi qu’une sélection de pochettes dans lesquelles le photographe archivait ses reportages de soirées. Il présente également pour la première fois un ensemble de portraits d’une beauté intemporelle. Témoignage fabuleux, Malick Sidibé, Mali Twist dévoile ainsi la sensibilité d’un homme généreux et bienveillant, qui a fait de la photographie un art de l’échange.

Malick Sidibé a exposé pour la première fois hors du Mali en 1995 à la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris. Accédant peu à peu à une reconnaissance internationale, il a été en 2003 le premier photographe africain à se voir décerner le prestigieux prix Hasselblad. En 2007, il a reçu un Lion d’or d’honneur pour l’ensemble de sa carrière à la Biennale de Venise. Il s’est éteint le 14 avril 2016 à Bamako, où il vivait et travaillait.

L’exposition Malick Sidibé, Mali Twist est présentée à la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris jusqu’au 25 février 2018.

 

CATALOGUE Malick Sidibé Mali TwiST

Coédition Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris / Éditions Xavier Barral, Paris

Versions française et anglaise Relié, 20 × 26,7 cm, 296 pages

250 reproductions couleur et noir et blanc

Textes de Manthia Diawara, André Magnin, Brigitte Ollier, Malick Sidibé, Robert Storr

ISBN : 978-2-36511-151-5 Prix : 45 € Parution : octobre 2017 Diffusion : Interforum

Fondation Cartier Malick Sidibé 1976©VB
Fondation Cartier Malick Sidibé 1976©VB

FONDATION CARTIER POUR L’ART CONTEMPORAIN 

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