Night Fever au Vitra Design Museum

Vitra Design Museum Grace Jones Area New York 1985 ©VB

L’exposition fun du Vitra design Museum

Night Fever Designing Club Culture 1960 – Today du 17 mars – 9 septembre 2018

VISITES GUIDEES ARCHITECTURE EN FRANCAIS chaque premier WE du mois à 14h30 , durée 2h , RV Vitra Schaudepot

Visite architecturale  organisée par l’Alliance Française de Bâle le 18 mai 2018 à 15h ; tel Richard Mansour +41 61 421 1338; r.mansour@breitband.ch

La Smart Mobile Disco by Konstantin Grcic 2018 Vitra Design Museum ©VB
La Smart Mobile Disco by Konstantin Grcic 2018 Vitra Design Museum ©VB

Si , il y a un rapport entre le monde très chic du design et la vie nocturne des nights clubbers ! Les bâtisseurs et autres concepteurs du XXème siècle ont aussi travaillé à la construction de lieux et d’espaces dédiés à la fête , il n’y a pas que le travail dans la vie ! Le Vitra Design Museum de Weil am Rhein a décidé de rendre hommage à ces designers et à l’époque qu’ils ont contribué à enchanter en nous offrant un tour d’horizon planétaire un brin nostalgique ; on croise les rois de la fête , Grace Jones , Travolta , Keith Haring , Jean-Michel Basquiat …mais on découvre aussi quels ont été les leit motiv  et les contraintes des designers et des architectes : années 60 , gloire des clubs , les italiens sont les rois , alors on danse ! par exemple au Space Electronic à Florence . Dans les années 70 , le maître-mot est Liberté et tout ce qui va avec : on consomme un tas de choses , peace and love , sex and drug and rock n’roll . Années 80 les créateurs de mode s’en mêlent, il faut voir et être vu , c’est pour ça qu’on sort le samedi soir – ne pas louper Travolta sur grand écran , l’anthologie. Tout ce qui brille intéresse tout le monde , voir le célèbre Studio 54 où l’on croise Andy Warhol et ses disciples noceurs. Les artistes s’incrustent , Keith Haring redécore les murs du Palladium pour laisser sa trace sur terre surement. Années 90 et 2000 , House et Techno débarquent, c’est l’avènement des raves , on fait la fête dans des espaces industriels désaffectés ou des hangars abandonnés . Depuis , les festivals de musique et les DJ  prennent le dessus .

A l’occasion de l’exposition Night Fever est édité un catalogue fort pratique pour ceux d’entre nous qui manqueraient de bonnes adresses pour noctambules . Des plans sont reproduits indiquant soigneusement les emplacements actuels et passés  des clubs et boites d’Anvers ou de Bruxelles , de Londres , de Berlin , New York , Johannesburg, Naples , Turin , Rome( non  Paris n’y est pas , Bains Douches fermés en 2010 , Palace fermé en 1996, quelle relève ?  ) , pas de trace d’Ibizza, un oubli un peu surprenant lorsqu’on connait  la popularité des lieux de fête en Espagne .

Vitra Design Museum Palais Metro 1967 Montreal François Dallegret ©VB
Vitra Design Museum Palais Metro 1967 Montreal François Dallegret ©VB

 Designing Club Culture 1960 – Today« est la première exposition dédiée à une histoire exhaustive internationale du design et de la culture des discothèques.

Parmi les exemples présentés, les clubs italiens des années 1960 créés par des personnalités du design radical, le légendaire Studio 54, où Andy Warhol avait ses habitudes, le Haçienda de Ben Kelly à Manchester, jusqu’au concept du cabinet d’architectes OMA pour le Ministry of Sound de Londres. Aux côtés du mobilier, des maquettes et des pièces de mode, l’exposition comprend également des documentaires filmographiques rares, des exemples de musiques, des designs graphiques ainsi que les positionnements contemporains d’artistes et de photographes tels que Mark Leckey, Chen Wei ou Musa N. Nxumalo. Complétée par de vastes installations musicales avec effets lumineux, »Nightfever. Designing Club Culture 1960 – Today« entraîne le visiteur dans un voyage fascinant à travers la subculture et le monde du glamour.

Vitra Design Museum Gianni Arnaudo Aliko chair pour Flash Back 1972 Italy©VB
Vitra Design Museum Gianni Arnaudo Aliko chair pour Flash Back 1972 Italy©VB

L’exposition »Night Fever« débute par un aperçu des boîtes de nuit des années 1960,  qui offrent pour  la première fois des espaces d’expérimentation pour la décoration intérieure, les nouveaux médias et les modes de vie alternatifs, et notamment des lieux de la subculture New Yorkaise, comme l’Electric Circus (1967), conçu par Charles Forberg, architecte, et le célèbre duo de designers graphiques Chermayeff et Geismar. Le caractère multidisciplinaire de l’endroit a influencé également des discothèques européennes, comme la Space Electronic à Florence (1969), conçue par le  collectif  Gruppo 9999, l’une des nombreuses boîtes de nuit issues d’une coopération avec des architectes du mouvement du Radical Design italien. Le Club Piper (1966) de Turin, pensé comme un espace multifonctionnel par Giorgio Ceretti, Pietro Derossi et Riccardo Rosso en est un exemple. Son mobilier modulable le destinait non seulement à la danse, mais aussi à des concerts, des happenings et du théâtre expérimental. Le Bamba Issa (1969), un club de plage toscan à Forte dei Marmi, conçu par le groupe UFO, était au contraire lui-même une sorte de théâtre : la totalité de l’intérieur fait office de scène. Le club a fait peau neuve avec un nouveau thème chaque été au cours de ses trois ans d’existence.

La montée en puissance du mouvement disco a entraîné dans son sillage la culture club dans les années 1970. La musique disco est devenue un genre à part entière, le dancefloor offrait une scène aux performances collectives et individuelles, les créateurs de mode, tels que Stephen Burrows ou Halston, fournissant les tenues pour une entrée en scène scintillante. Le Studio 54 de New York, d’Ian Schrager et Steve Rubell qui ouvre ses portes en 1977, est devenu, avec son aménagement par Scott Bromley, architecte et Ron Doud, designer d’intérieur, un des lieux de rencontre privilégié des stars dont le culte débute à l’époque. Deux ans plus tard à peine paraîtra le film »Saturday Night Fever«, apogée de la marchandisation du mouvement disco. Des mouvements inverses, tels que la Disco Demolition Night à Chicago (1979), sont en partie l’expression de tendances réactionnaires empreintes d’homophobie et de racisme.

Vitra Design Museum DJ Larry Levan New York 1979©VB
Vitra Design Museum DJ Larry Levan New York 1979©VB

À cette époque, des boîtes de nuit telles que le Mudd Club (1978) ou Area (1978) à New York allient vie nocturne et art, lançant la carrière de jeunes artistes : c’est sur cette scène que Keith Haring et Jean- Michel Basquiat feront leur début. Musique et mode ne sont pas en reste dans des clubs londoniens tels que le Blitz et le Taboo avec les New Romantics. Ainsi, Michael et Gerlinde Costiff, patrons de la boîte de nuit »Kinky Gerlinky«, comptaient la créatrice de mode Vivienne Westwood parmi ses plus fidèles clients, tandis qu’à Manchester, Ben Kelly, architecte et designer, a conçu à la même époque une cathédrale post-industrielle de la rave, le Club Haçienda (1982), financé entre autres par le groupe britannique New Order. De là, l’Acid House notamment, un sous-genre de la House, a fait la conquête de toute la Grande-Bretagne. La House et la Techno, originaires des clubs de Chicago et de Detroit, peuvent être vus comme les deux grands derniers mouvements de Dance Music, imprégnant toute une génération de boîtes de nuit et de raves. Ceci vaut également pour la scène de Berlin au début des années 1990, où des clubs tels que Tresor (1991) insufflent une vie nouvelle à des espaces abandonnés et délabrés redécouverts après la chute du mur. De même, le Berghain, ouvert en 2004 dans une ancienne centrale de cogénération, est la preuve qu’une scène nocturne vivante s’installe avant tout là où s’offrent les espaces urbains nécessaires.

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Depuis le début des années 2000, l’évolution de la culture club s’est complexifiée. D’une part, sa santé est florissante et elle s’épanouit, portée par les marques présentes partout dans le monde et les festivals de musique. D’autre part cependant, de nombreuses boîtes de nuit sont maintenant de l’histoire ancienne, repoussées en dehors des villes ou n’existant plus que sur les décombres d’un passé glorieux. Une nouvelle génération d’architectes, entrée en scène depuis, s’intéresse à la typologie de la boîte  de nuit, et notamment le cabinet d’architectes néerlandais OMA sous l’égide de Rem Koolhaas, qui a proposé un nouveau concept pour l’un des clubs parmi les plus connus au monde à ce jour, le Ministry of Sound II de Londres, la discothèque du XXIème siècle. Autre exemple, le cabinet d’architectes et de design Akoaki, qui offre dans son »The Mothership« une chaire mobile pour DJ, et met ainsi en lumière la riche culture de discothèque de Détroit, sa ville natale.

Artists, créateurs et architectes représentés (sélection):

François Dallegret, Gruppo 9999, Halston, Keith Haring, Arata Isozaki,  Grace  Jones,  Ben  Kelly, Bernard Khoury, Miu Miu, OMA (Office for Metropolitan Architecture), Peter Saville, Studio65, Roger Tallon, Walter Van Beirendonck, Andy Warhol

Catalogue d’exposition

Night Fever Designing Club Culture 1960 – Today

Éditeurs : Mateo Kries, Jochen Eisenbrand, Catharine Rossi

Mateo Kries directeur Vitra Design Museum ©VB
Mateo Kries directeur Vitra Design Museum ©VB
Jochen Eisenbrand Conservateur Vitra Design Museum ©VB
Jochen Eisenbrand Conservateur Vitra Design Museum ©VB

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Couverture souple

26,5 x 20 cm, 400 pages

Env. 500 illustrations, majoritairement en couleur ISBN : 978-3-945852-23-1

Prix : 59,90€

Textes notamment de Jörg Heiser, Tim Lawrence, Iván López Munuera, Catharine Rossi, Katarina Serulus, Sonnet Stanfill, Alice Twemlow et autres, ainsi que des entretiens avec Ben Kelly, Peter Saville, Ian Schrager.

Le catalogue a été conçu par Daniel Streat, Visual Fields.

Commissaires :Vitra Design Museum:

Jochen Eisenbrand, Chief-Curator Meike Wolfschlag, Assistant Curator Nina Steinmüller, Assistant Curator

Kingston University London: Catharine Rossi, Co-Curator

ADAM – Brussels Design Museum: Katarina Serulus, Co-Curator

Lieu: Vitra Design Museum

Charles-Eames-Straße 2 79576 Weil am Rhein/Basel German

Horaires d’ouverture :  tous les jours 10 h à 18 h

Plus d’informations :  www.design-museum.de T +49.7621.702.3200

 info@design-museum.de

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